Notions générales sur la vallée d’Ossau

15 mars 2009 | Imprimer Notions générales sur la vallée d’Ossau

valleeossau

Commissions syndicales
DE LA VALLÉE D’OSSAU

ÉTUDE HISTORIQUE ET ÉCONOMIQUE

PAR Henri SARRAILH JUGE SUPPLEANT
DOCTEUR EN DROIT

Réédité par la SYNDICAT DU HAUT-OSSAU en janvier 1986


EXTRAIT:

DESCRIPTION GEOGRAPHIQUE

La vallée d’Ossau, longue de 35 kilomètres si l’on y comprend le cours supérieur du gave d’Oloron entre le pic du Midi d’Ossau et Laruns, est comprise entre 2°35’24’’» et 2°50’28’’ de longitude ouest et entre 42°48’523’’ et 43°10’28’’ de latitude nord. Perpendiculaire à. la chaîne des Pyrénées, la véritable vallée s’étend, sur une longueur de 16 kilomètres, de Sévignac jusqu’à une faible distance au-delà de Laruns. Sa largeur est loin d’être uniforme : elle ne s’évase pas régulièrement de l’amont vers l’aval, mais elle comprend une série de conques assez spacieuses, séparées par des seuils beaucoup plus étroits : de 3.500 mètres environ à la latitude d’Arudy, elle passe à 600 ou 700 mètres en face de Louvie-Juzon et de Castet pour atteindre 1.500 à 1.800 mètres à la hauteur de Bielle et de Laruns.

Elle est bornée au nord par le territoire des communes de Busiet, de Lassetibetat, de Gan et de Bosdarros; à l’est, par le territoire des communes de Bosdarros, Bruges, Capbis et la vallée du Lavedan; au midi, par l’Espagne et à l’ouest, par la vallée d’Aspe, le territoire des communes d’Oloron et de Busiet.

La vallée comprend actuellement les deux cantons de Laruns et d’Arudy, arrondissement d’Oloron, d’une superficie totale de 61.619 hectares et d’une population de 13.946 habitants répartie en 17 communes.

TERMINOLOGIE.

Les linguistes ne sont pas d’accord sur l’étymologie du mot « Ossau ». Parmi les qualificatifs trouvés, dans les’ documents de l’antiquité et applicables à la vallée, il faut citer « Osquidates ou Oscidates, Oussales, Ossales, Valis Ursalensis et Ursisaltus ». M. Fourzel, parlant d’Ossuna (Espagne), n’y voit autre chose que la ville forte d’Ossune, appelée autrefois Ursoa, Ursan et Orsona. Si cette dernière remarque est vraie, il y a lieu de penser que le mot Ossau dont l’équivalent Ossales est relaté en 1080 dans la charte de poblation d’Oloron, ne vient nullement du radical oss, mais de urs, d’où l’expression latine Ursi sallus, appliquée à la vallée d’Ossau et ainsi traduite, bois, retraite, vallée de l’Ours ou Pas de l’Ours. Les mots Ursalicum et Ursisalliis se trouvent le premier dans une vieille charte dont Marca reproduit le texte, et le second dans le cartulaire de Saint-Pé, copié par Larcher. Enfin, d’après un vieux mémoire découvert par Coarraze de Laa, la première maison de la vallée, bâtie à Espalungue, fut appelée « Ossau » et c’est précisément de cet édifice que la vallée aurait tiré son nom.

En fait, le mot Ossau est employé pour la première fois sur les actes à partir du XIIIe siècle.

ORIGINE DES OSSALOIS

On se trouve en présence de grandes difficultés lorsqu’on veut expliquer l’origine des Ossalois.

Mr Butel prétend que les premiers occupants de la vallée appartenaient à la grande famille des Ibères que les Romains désignaient sous le nom générique d’Aquitains, tribus de pasteurs venues d’Arabie et qui, refoulées par plusieurs invasions d’origine européenne (Phéniciens, Celtes, Romains) se réfugièrent dans les massifs montagneux

Nous croyons, en réalité, que les Ibères sont un peuple d’origine inconnue que les Ligures, les Celtes, les Phéniciens, les Grecs, les Romains trouvèrent fixés dans la Gaule méridionale et dans toute la péninsule Hispanique.

M. Passy, à l’aide d’arguments dialectologiques que, d’ailleurs, il corrobore par certaines données tirées de l’histoire du Pont-Long, en est arrivé à considérer au moins comme probable que les Ossalois sont venus de la plaine après la destruction de Beneharnum (Lescar) par les Normands, vers 845.

Cette thèse ne peut être acceptée que sous certaines réser­ves. Car s’il est vraisemblable qu’un grand nombre de Les­cariens se soient réfugiés en Ossau au IXe siècle et y aient fixé leur résidence, il n’est pas douteux qu’ils se soient trouvés en présence d’un groupement assez considérable d’habitants, établis dans la vallée depuis une époque ancienne, ainsi que le prouvent les monuments mégalithiques découverts à Buzy, au Bager d’Arudy et sur les hauteurs de Louvie-Juzon, et ayant une vie propre. Quant à l’argument donné par M. Passy à l’appui de sa thèse au sujet de la propriété du Pont-Long, nous le réfuterons plus loin, lorsque nous traiterons du Pont-Long.

Quoi qu’il en soit, située au pied ou sur le flanc de hautes montagnes qui établissaient entre elles et la plupart des autres régions des frontières naturelles, couverte d’épaisses forêts qui ne cessaient que pour faire place à de gras pâturages, la vallée, dont le territoire demeura toujours très exigu, ne comprenait qu’un petit nombre de bourgades. Les habitants, jouissant d’une franche liberté, groupés en familles à demi patriarcales, s’y livraient à l’industrie de l’élevage des troupeaux. Très attachés à leurs terres d’où ils tiraient leurs seules ressources, ils étaient, suivant l’expression de Marca, « aussi élevés et sourcilleux que les rochers de leurs montagnes et croyaient qu’il leur était permis en quelque sorte de ravager et de butiner la campagne». Ils défendirent toujours âprement leur indépendance, d’autant plus que par leur situation, sans commerce avec le dehors, ils pouvaient ainsi échapper plus facilement aux influences extérieures, conserver plus fidèlement leurs coutumes, leurs mœurs autochtones.

ORGANISATION POLITIQUE.

Nous ne dirons rien des origines de la vallée au point de vue administratif. Nous ne nous demanderons pas si elle constitua, à l’époque romaine, un Municipe indépendant, comme le prétendent certains auteurs, pour la bonne raison qu’aucun texte ne nous le prouve. Nous savons seulement qu’elle eut, vers le Xe siècle, des vicomtes particuliers dont l’existence est révélée par Marca dans la Charte de fondation du monastère de Saint-Pé au XIème siècle; on lit parmi les assistants, le nom d’un vicomte d’Ossau, « Arnadus cognomine Ursus ».

Toutefois, il est certain qu’à la fin du XIème siècle, il n’est plus question de Vicomtes d’Ossau.

vue du Lazerque à l'automne

vue du Lazerque à l'automne

Vue du Gourzy

Vue du Gourzy

vue du pic de Ger sur Anoulhias, les Arcizettes, pic du Cézy et Ossau

vue du pic de Ger sur Anoulhias, les Arcizettes, pic du Cézy et Ossau

Popularity: 18% [?]

 

Laisser un commentaire

Aperçu en direct