Le Pont Long (extrait du cahier n°5)
INTRODUCTION SUR LA QUESTION DU PONT-LONG
Dans ce cinquième cahier, nous retraçons l’histoire de la propriété ossaloise du Pont-Long. Située au nord Pau, à l’origine d’une superficie de l’ordre de 50 000 hectares. Actuellement, il reste environ 1000 hectares gérés par le Syndicat du Haut Ossau. Cette ancienne vallée du gave à l’époque quaternaire, très humide et peu salubre était une immense plaine de landes, de marais et de prairies avec une végétation dense constituée d’ajoncs, de fougères et de bruyères. Les villages étaient situés sur les hauteurs.
Libre d’occupants, elle fut utilisée par les tribus des montagnes et notamment les Ossalois, depuis les temps les plus anciens, pour la transhumance d’hiver de leurs troupeaux très nombreux. Les bovins et équidés y séjournaient, les ovins y passaient avant de gagner les plaines de l’Aquitaine. Cette terre utilisée par les bergers ossalois bien avant la création de la vicomté de Béarn en 840, fut à l’origine du plus violent et du plus long des conflits provoqué par les parcours des troupeaux pyrénéens, il dura prés de 700 ans.
A partir du 10e siècle, la possession de ces terres fut revendiquée par les communautés peuplant la plaine béarnaise autour du Pont-Long. A toute revendication, les Ossalois opposaient le droit coutumier du premier occupant et se considéraient comme seigneurs et propriétaires. Ils ne pouvaient, néanmoins, présenter de titre de propriété et se heurtaient aux vicomtes qui considéraient que le Pont-Long faisait partie de leur domaine en vertu de l’adage «nulle terre sans seigneur». Les vicomtes ne reconnaissaient aux Ossalois qu’un simple droit d’usage.
Durant toute la période des invasions et le début du moyen-âge (Ve au IXe siècles), les Ossalois, plus nombreux et plus belliqueux que les populations des plaines béarnaises, décimées et dispersées par les envahisseurs (Lescar, l’antique Bénéharnum, fut détruite par les Normands vers 845) furent sans doute maîtres incontestés du Pont-Long. Durant cette période, certains habitants de la plaine, après destruction et pillage de leur village (Lescar, Oloron), se sont même réfugiés dans les vallées, les peuplant pour partie.
La sécurité revenue, la plaine se repeupla et la situation se modifia. Le seigneur veillait à l’ordre public et les ordres religieux défrichaient la lande qui fut de plus en plus disputée aux Ossalois. Ils n’hésitèrent pas à descendre en bandes armées, il y eu des morts et des blessés.
Les Ossalois eurent l’intelligence de ne jamais entrer en conflit ouvert avec les vicomtes ou plus tard avec le Roi. «Dans cet interminable conflit, ils montrèrent une ténacité, une fertilité de recours juridiques et un sens de la négociation tout à fait remarquables» (1), de leur coté, les vicomtes, désireux d’asseoir leur autorité sur les populations montagnardes tout en leur permettant de conserver leurs nombreux troupeaux, confirmèrent les fors et privilèges octroyés. Les conventions intervenues entre les vicomtes, puis les communautés riveraines et les Ossalois, confirment leur occupation et l’existence d’un droit coutumier.
A partir du XIIe siècle, la lutte devint beaucoup plus difficile.
(1) comme l’écrit Henri Cavaillès dans son ouvrage «La Transhumance Pyrénéenne»
845: destruction totale de Lescar par les Normands dont une partie de la population se réfugie en vallée d’Ossau.
1012 – 1058: Centulle IV, négocia avec les Ossalois l’abandon du terrain nécessaire à la création de la ville de PAU, terrain situé entre 3 pieux fixés en terre et le gave (pieu en béarnais se dit paû)
1221: Guillaume Raymond de Moncade, vicomte de Béarn, octroye à la vallée d’Ossau une charte connue sous le nom de For d’Ossau. Il profita de cette circonstance pour agrandir son domaine de Pau. Les montagnards lui abandonèrent le terrain occupé par le Parc, le Château et la Haute-plante. Des droits anciens leurs furent reconnus.
1243: Le plus ancien traité conservé dans les archives. Négocié avec l’arbitrage de l’évêque d’Oloron, c’est un traité de bon voisinage entre la jurade d’Ossau et la commune de Lescar.
1247: confirmation du For d’Ossau
1277: Traité identique à celui de 1243, cette fois-çi avec la commune de Pau, autorisant les habitants à labourer une partie de la lande.
1385: Censier de Gaston FÉBUS utilisé pour établir le 1er tableau de répartition par feux.
1480: Les Ossalois descendent dans la région de Lescar au nombre de 1 500 et nivellent un grand nombre de fossés élevés par les habitants. Une sentence arbitrale décident qu’ils doivent payer une amende de 500 francs à la princesse de Viane.
1549: Adoption par la Jurade d’Ossau du tableau de répartition par feux en vigueur à ce jour.
1770, 1777, 1785: nouvelles victoires judiciaires de la Jurade de la vallée qui arrive à conserver sa possession et la jouissance du Pont-Long.
1829: L’Etat se désiste dans un nouveau conflit avec la vallée né d’un problème d’attribution de biens écclésiastiques. La vallée entre en possession de ce qui reste de la lande du Pont-Long.
1837: ordonnance de Louis Philippe reproduite ci-après, confirmant le pouvoir de la Commission syndicale d’Ossau d’adminitrer les biens communs dont la lande du Pont-Long.
1853: La communauté syndicale de la vallée d’Ossau se scinde en deux entités distinctes: le bas et le haut Ossau.
1865: Le bas Ossau vendit sa part (1078 hectares) le haut Ossau conserve la sienne (2 078 hectares).
La bataille des Ossalois avec les communautés riveraines se termina.
Les batailles suivantes se firent et se font entre Ossalois.
Actuellement la Commission syndicale du Haut-Osssau constituée des communes suivantes:
Aste-Béon, Béost, Bielle, Bilhères, Eaux-Bonnes, Gère-Belesten, Laruns et Louvie-Soubiron,
gère 2 573 ha de montagne et presque 1 000 ha de terres agricoles et lotissements sur la lande du Pont-Long. Le chiffre d’affaire en 2008 est environ de 900 000 euros de loyers et 200 000 euros de produits de la ferme (terres agricoles).
Popularity: 12% [?]






2 janvier 2010 à 14 h 02 min
Historique intéressant ! On dit que les Ossalois sont à l’origine de la création du village de Pau, situé près d’un gué sur le gave.
Mais on dit aussi que la place de Verdun, à pau, appartiendrait aux Ossalois… ce qui est faux. On ne prête qu’aux riches !